L’esprit de l’Islam en quelques lignes

« Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était une grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission » déclara Gandhi.

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Le mahatma expose ici le cœur même de l’Islam, en disant que le Prophète a conquis les cœurs avant les corps. Il a le regard neutre d’un homme qui se trouve face à l’admiration de près de deux milliards d’individus à la fois pour l’homme que fut le Prophète Muhammad et son message. Dans aucune période de l’histoire de l’humanité, il n’est fait mention d’un homme ou d’une nation qui a réussi à se faire aimer d’un peuple après l’avoir humilié et / ou massacré. Pourquoi serait-il l’exception ?

La vérité est que, comme dit Gandhi, et bien d’autres non musulmans avant et après lui, Muhammad a été l’incarnation de l’humain parfait ; celui à qui rien ne pouvait être reproché, pas même par ses ennemis, à part le fait d’être le récipiendaire d’un message auquel il était destiné et qui a fait de lui une miséricorde pour toutes les espèces.

A cause des déviances de quelques uns parmi ceux qui suivent ou prétendent suivre cette miséricorde offerte à l’univers par le Créateur, d’aucuns parmi nos concitoyens, convaincus que si le fruit est amer, c’est la faute de l’arbre, accusent le Prophète de l’Islam des pires choses du monde. Raison pour laquelle nous avons choisi de leur présenter, après les quelques lignes ci-dessous, l’esprit d’altruisme et d’ouverture de l’Islam et de son Prophète Muhammad, paix et bénédiction de Dieu sur lui.

Aussi paradoxal que celui puisse paraître, le mot « islam » peut-être prononcé quasi parfaitement par l’ensemble des humains car les sons qui le constituent sont présents dans toutes les langues humaines connues et n’a donc pas besoin d’être traduit pour être dit ou compris. Cette universalité phonétique est une preuve de plus quant à la particularité de cette religion qui s’est fondée sur un monothéisme pur et une universalité culturelle, idéologique, sociale et philosophique.

Le mot « Islam » dérive de la racine trilitère « slm » qui signifie en sémitique « paix » celle-là dont dérive le salut hébraïque « shalom ». Être « muslim », (mot arabe dont vient le français « musulman ») c’est entrer dans la paix, c’est faire preuve de paix, c’est propager la paix, car c’est rentrer dans « slm ». D’aucuns nous diront que ce n’est que pure déclaration. Pourtant, c’est effectivement ce qu’exige du croyant l’Islam. Les cinq prières obligatoires qu’il accomplit par jour, par exemple, s’achèvent toutes par la formule optative « as salamu ‘alaykum wa rahmatullah » (signifiant que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous), en tournant la tête respectivement à droite et à gauche, qu’il soit seul ou en groupe.

Mieux encore, le meilleur croyant qui soit, en Islam, n’est pas celui ou celle qui fait le plus de prière, porte tel ou tel accoutrement, mais plutôt, comme le dit le Prophète Muhammad répondant à la question d’un de ses compagnons, « celui ou celle dont on est en paix avec la langue et la main ».

Le « muslim » est par ailleurs universaliste, au sens humaniste du terme. Tout homme est son frère. Faire du tort à un humain, lui ôter la vie, revient, dit le Coran, à faire du tort, ôter la vie à toute l’humanité, en aider un à la vie, revient à aider toute l’humanité à la vie.

Ce sont là les valeurs du Prophète Muhammad, paix et bénédiction sur lui. A ses compagnons, une fois, il dit : « Il n’est pas des nôtres celui qui dormira dans la satiété alors que son voisin souffre de faim ». Cet allocentrisme peut-il, chers concitoyens, se transformer en une bombe et tuer celui-là même dont il est demandé au musulman de prendre soin, sous peine de cesser d’être musulman ?

Islam et terrorisme sont deux entités tout aussi antinomiques, que lumières et ténèbres. La présence de l’un signifie ipso facto l’absence de l’autre. Une lecture littéraliste du Coran pour certains, pourtant, à prétendre pourvoir concilier les deux, c’est un fait.

L’extrémisme, comme idiotie et la barbarie, n’a ni couleur, ni religion, ne l’oublions pas chers concitoyens. Les massacres de la Saint-Barthélemy n’ont pas été perpétrés au nom de l’Islam. Adolf Hitler, que je sache, n’était pas musulman.

Il somnole en tout homme l’assassin potentiel de son semblable. Le vrai jihad est celui que l’on doit individuellement et collectivement mener contre nos tentations démoniaques qui nous poussent par exemple à vouloir que l’autre devienne notre objet, qu’il soit à notre image, avant de souhaiter sa disparition définitive. Ce jihad, le Prophète Muhammad l’a appelé le grand jihad.

Pour les aider à remporter ce combat, le Prophète enseigne aux musulmans qu’ils ne peuvent avoir la foi que s’ils s’aiment et qu’ils ne peuvent apprendre à s’aimer qu’en se souhaitant mutuellement la paix, aussi bien verbalement que dans et par leurs faits et gestes.

Le musulman a donc une dette d’amour envers tout homme. Il ne doit nullement répondre au tort par le tort, mais plutôt par le salam, dont il dérive et doit s’habiller.

Nous vous devons de l’amour, chers concitoyens. Pardonnez-nous de ne vous l’avoir jamais dit, pardonnez-nous de ne pas vous en avoir fait suffisamment profité.

Nos excuses, ô noble Prophète, pour avoir mal transmis votre message ; nos excuses, ô miséricorde de l’univers, pour tout tort causé par nous à toute composante de l’écosystème.

Mohamed Bajrafil

2016-10-24T16:38:57+00:00