La représentation des musulmans en question

Dans la mosquée Annour d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), l’imam Mohamed Bajrafil prêche chaque vendredi devant 1 500 à 2 000 personnes. La salle de prière étant incapable de contenir tous les fidèles, un chapiteau de toile accueille dans la cour ceux qui n’ont pu trouver place à l’intérieur. Les relations avec la municipalité sont bonnes, mais l’insertion de la mosquée dans la trame institutionnelle s’arrête là.
A 36 ans, après avoir officié dans plusieurs autres communes d’Ile-de-France, Mohamed Bajrafil s’étonne de n’avoir jamais rencontré un préfet, si ce n’est une fois, fortuitement, lors d’un colloque. Il s’indigne aussi que les musulmans soient « soi-disant représentés par des gens avec lesquels ils n’ont rien à voir, qui ne

[les] connaissent pas », une référence au Conseil français du culte musulman (CFCM). « Nous ne sommes pas acteurs de ce qui se passe », résume-t-il.
Prise de conscience
Comme Mohamed Bajrafil, nombreux sont les cadres religieux de l’islam à se plaindre d’être tenus à l’écart par les institutions, que ce soit l’Etat ou le CFCM, et d’être en même temps soumis à des injonctions contradictoires. Ce malaise ne date pas d’hier, mais il a été ravivé par les questions posées par les attentats commis au nom d’Allah par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly les 7, 8 et 9 janvier. La première consiste à demander aux représentants du culte musulman de prévenir la radicalisation des jeunes. Pour Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées…

Par Cécile Chambraud, le 26.01.2015 à 11h00, Le Monde

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2016-10-20T11:51:34+00:00